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Rencontre avec Claude Soria, coordinateur du Fablab Festival 2015

Entretien avec Claude Soria, coordinateur du Fablab Festival 2015 à Toulouse

Bonjour Claude, peux-tu nous raconter ta première visite dans un fablab ?

« J’ai toujours travaillé dans l’informatique et une fois à la retraite, je me suis pris de passion pour le travail du bois avec des machines traditionnelles. Un jour, dans un des forums que je consultais, je réalise que l’on peut construire soi-même des fraiseuses numériques, et je suis tombé sur les fablabs.affiche rouge

Je suis donc venu ici [ndlr, Artilect] un lundi soir lors d’une présentation de projets. A la suite de cette première rencontre, j’ai écris un mail expliquant que je voulais construire une CNC [ndlr, machine à commande numérique], et demandant si quelqu’un pouvait m’aider. On m’a répondu que ça tombait bien parce qu’il y avait une CNC mais que personne ne s’en servait. Je suis donc venu voir cette fameuse machine et je suis depuis devenu le spécialiste de cette CNC. »

 

Et qu’est ce qui t’amène au Fablab Festival ?

« J’ai tout simplement proposé mon aide lors des recherches de bénévoles et, suite à cela, j’ai été parachuté coordinateur du Fablab Festival 2015. Tout le monde m’a encouragé en me disant c’est super, c’est parfait, vas-y fonce, alors j’y suis allé! »

 

P5060145-bisPeux tu nous en dire plus sur le rôle du coordinateur ?

« Le coordinateur du festival, c’est la personne qui dit non. Il est la base puisqu’il tient les cordons de la bourse. C’est malheureusement l’empêcheur de l’innovation, parce que d’une certaine façon les gens sont partis avec des idées comme « on va acheter ci », « on va acheter ça », « ça coûte tant » et moi je dois leur dire non.

Puis, ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’une fois que les gens ont compris que c’était non, et bien ils ont innové. On les a laissé faire, ils ont trouvé des solutions, et des solutions auxquelles nous n’avions pas du tout pensé. Et ça c’était vraiment extraordinaire. On avait donné une enveloppe budgétaire à chaque commission, et ils se sont tellement bien débrouillés qu’il n’y a pas une seule commission qui a dépassé son budget. »

 

Quelle est la volonté d’Artilect à travers l’organisation du fablab festival ?

« Le but du Fablab Festival est double.

Il est d’une part au niveau du grand public. L’objectif est de faire connaître la fabrication numérique, donc de participer à sa démocratisation. Ce qu’on souhaitait, c’est que les gens viennent et fassent des choses. On ne voulait pas qu’ils viennent pour acheter quoi que ce soit, mais pour apprendre. Le concept c’était véritablement de leur dire, vous aussi, vous pouvez faire ! Et les ateliers sont fait pour ça. Dans les ateliers les gens vont pouvoir faire, ils vont briser l’autocensure mise en place en disant « moi je ne peux pas ». Beaucoup de gens sont capables de le faire, alors venez, on va vous montrer, on va faire un premier pas ensemble.

P5060118-bisEt puis il y a le second aspect, avec la partie fablabs, entreprises et universités. L’idée c’est de dire que nous sommes très nombreux à travailler dans ce domaine, mais qu’on ne se connaît pas. On ne s’est jamais vu et pourtant on a tous des problématiques, semblables et différentes, que certains pourraient solutionner. On veut donc faire du réseau, on veut créer du réseau. On va créer des choses qu’on ne peut pas encore imaginer, mais on est persuadé qu’avec le succès que le festival va avoir, il y aura plein de choses qui vont se créer.

Les deux objectifs sont donc, de faire connaître au public les ateliers de fabrication et de faire du réseau.

Après il y a des petites cerises sur le gâteau, et pas des moindres, comme la structuration du réseau français des fablabs. Pour structurer le réseau français, il fallait se voir. Difficile de le faire à travers les forums, donc c’est un élément de la journée de jeudi très important pour nous. Le vendredi, c’est la partie avec les professionnels mais également les startups. Il y a des startups qui naissent au sein des fablabs, qui ont des problématiques de financement, de vitrine, etc. L’objectif du festival, c’est aussi que ces startups puissent se montrer. Et il y a des gens dans les fablabs qui font des choses. C‘est aussi l’occasion de le montrer et c’est pour cela qu’on a proposé à tous les fablabs de venir gratuitement. Aucun fablab ne paie quoi que se soit et l’entrée est gratuite pour le public. Ce n’est pas une opération commerciale. »

 

Propos recueillis le 06 mai 2015 par Mathieu Geiler & Etienne Moreau.

Pour rencontrer Claude et le fablab Artilect, n’hésitez pas à vous rendre chaque premier lundi du mois au présentation de projets, plus d’infos sur leur site Internet artilect.fr et leur Twitter @FabLab_Toulouse. Vous pouvez également suivre notre quotidien via notre Twitter @MakerTour.

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